Sans-abri Québec

Les pèlerins de la rue

La Ville de Québec connaît présentement un paradoxe. Le nom de Jean-Paul L’Allier, l’homme qui a transformé la Capitale-Nationale à tire de maire est tombé en disgrâce. Le célèbre parc de la Vieille Capitale qui porte le nom du défunt maire est devenu la place de pèlerinage de sans-abris.

Pour ceux qui ne l’ont pas encore remarqué, le nombre d’itinérants a explosé depuis un an et demi, alors qu’avant, la capitale de la Belle Province jouait d’une réputation exemplaire au Canada et, pourquoi ne pas se vanter, mondiale.

Qu’est-ce qu’il a fait que tout a basculé d’un coup et que le Québec s’est aligné derrière Montréal avec ce triste bilan ? Nos sans-abris sont-ils devenus mois importants pour le nouveau gouvernement, car ils n’apportent pas grande chose pour l’économie et, parce qu’ils n’exercent pas leur droit de vote ?

Comment se fait-il qu’on ait fermé des centres d’hébergement qui offrait des services aux itinérants depuis longtemps, comme l’Armée du Salut, dans le Vieux-Québec et ça, avant la crise économique, pour manque de fonds. L’organisme en question n’avait besoin que d’environ 650 000 dollars par année pour continuer de subsister et d’offrir ses services capitaux pour une ville qui prêche la qualité de vie de ses habitants.

À titre comparatif, le Gouvernement a trouvé cette année plus de 120 millions destinés à financer la centaine de maisons d’hébergement pour les femmes « victimes » de violence conjugale. Les guillemets sont posés pour rappeler que les femmes font autant de violence que les hommes selon l’Institut de la Statistique du Québec (voir l’étude ici) et qu’aujourd’hui dire seulement « chérie, je n’aime pas la couleur de tes souliers » équivaut à faire de la violence conjugale. Contrairement à l’information véhiculée dans les médias par certains groupes lobbyistes, les maisons de femmes sont loin de déborder. En effet, même le Vérificateur Général mentionne dans son rapport pour l’année 2008-2009 de la fraude commise par ces organismes. Avec un taux d’occupation de moins de 9 %, certaines maisons ont vu leur budget multiplié par 10 ! Aucun contrôle concernant la gestion de fonds. Sur un simple papier rédigé par une intervenante, une femme peut avoir de l’hébergement gratuit, de la nourriture gratuite et, comme bonus, un appartement à frais modique à la fin de son séjour ! La plupart de ces « victimes » ont des problèmes de comportement, consommation et, y retournent plusieurs fois par année…à chaque fois avec un problème plus grave. Une vérité qui dérange et qui, malheureusement, laisse nos sans-abris démunis de fonds.

Les itinérants de Québec ne sont que le résultat de la violence commise par notre société, soi-disant avancée, en manque de repères et du vrai soutien pour la plupart. La majorité de sans-abris ont connu une enfance misérable, abusés pas leurs parents ou beaux-parents. Beaucoup ont fréquenté les Centres jeunesse. Ils n’ont pas du tout réussi à s’intégrer dans la société ce qui démontre les faiblesses de ce système. Ayant changé de famille d’accueil à chaque année, ils se sont trouvés, une fois adulte, dans la rue. Parmi les itinérants se trouvent des pères de familles ruinés par un système judiciaire inhumain contre les hommes, des vétérans qui ont connu les horreurs de la guerre et qui n’ont pas réussi à s’adapter à la nouvelle vie, des immigrants qui trouvent présentement le rêve américain dans des poubelles.

L’itinérance est sans doute un phénomène inquiétant pas seulement pour la population habitant dans le centre. Se promener pendant la nuit dans certains quartiers de la ville demande de plus en plus de bravoure, sinon d’inconscience. L’itinérance affecte bien-sûr l’image de notre Capitale-Nationale et de notre Belle Province, mais à qui expliquer tout ça ? Le fameux quartier Lauberivière, celui qui est devenu le camp de refuge en plein air pour les SDFs québécois (sans domicile fixe) est situé en plein centre, très proche des objectifs touristiques qui font la fierté de notre ville : le fameux Château Frontenac, comme d’ailleurs même l’Hôtel du Parlement du Québec se trouvent à 15 minutes de marche. Nos politiciens n’ont sûrement pas le temps de descendre la colline parlementaire ni de se promener à pied pour voir ces gens et la triste réalité de la Basse-Ville. Encore plus triste, le Palais de Justice trône à 5 minutes de marche, témoin de toutes ces injustices commises par notre société.

Ce quartier devrait être l’un des plus riches de la région de Québec : des nombreux bureaux d’avocats, hôtels de 5 étoiles, sans parler de l’armée engagée pour servir l’intérêt (hic ?!) de la justice (juges, procureurs, avocats) qui habitent à proximité. Malgré cette richesse, dans les rues ont aperçoit la pauvreté et l’indifférence, la même que celle existante dans les salles d’audience.

L’itinérance est d’abord un problème d’ordre humain. Ce n’est pas la police et ses tickets payés en chèques sans provision qui vont la régler. Avant tout, il est nécessaire une prise de conscience collective, car n’importe qui, à un moment donné de sa vie, peut se trouver dans la rue.

Québec GO a lancé une campagne de financement pour aider ces gens défavorisés par le sort. Une exposition de portraits de rue sera bientôt en ligne.

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