Iakoutsk Sibérie

Iakoutsk. Bienvenue en enfer !

Si vous pensez qu’« y fait frette icitte » pendant l’hiver, avec une température moyenne de -15 °C en janvier, quoi dire de vivre à -50 °C ? À Iakoutsk, la capitale de la république de Sakha (l’ancienne Iakoutie), au nord de la Sibérie, les températures descendent parfois sous -60 °C ! Plus de 300 000 personnes, la plupart des descendants du goulag stalinien et des autochtones y vivent. Fait surprenant, la croissance démographique est très robuste, avec un flux migratoire constant à chaque année, causé par les salaires 2-3 fois plus élèves que la moyenne en Russie. Le coût de la vie est en conséquence un plus cher.  

La population locale est très jeune, avec une moyenne d’âge d’environ 32 ans. L’espérance de vie est d’environ 69 ans, plus réduite à cause du froid et de l’air pollué. C’est connu, les russes n’ont pas non plus le mode de vie le plus sain au monde.

La capitale mondiale du froid pourrait donner une leçon de civisme et d’urbanisation à beaucoup de capitales européennes ou nord-américaines. En effet, le taux de criminalité est proche de zéro et l’entraide est le mot qui décrit le mieux cette ville perdue dans l’espace. Iakoutsk bénéficie, comme la plupart des villes héritières d’un régime communiste d’un système centralisé de chauffage et d’eau chaude. Plus de 85 % de logements ont de l’eau courante, 82 % chauffage centralisé, 77 % eau chaude et 73 % gaz naturel. Le taux d’alphabétisation rendrait envieux même les politiciens au Canada, avec un pourcentage de 99.6 %. D’ailleurs, les écoles ferment seulement au-dessous de -50 °C et, à -25 °C les enfants jouent tranquillement dans la neige. La ville a même une Université réputée et un centre de recherche. Pas étonnant qu’ici, des compagnies comme Boeing font des tests de conditions extrêmes pour leurs appareils civils.

Iakoutsk est également un modèle de vivre ensemble. La majorité de la population est d’origine nomade (47 %), suivi de russes (38%) et d’autres ethnies. Comme sous-entendu, la religion est aussi très différente : des chrétiens (la plupart orthodoxes), musulmans, bouddhistes et autochtones vivent ensemble en harmonie.

La ville a connu son essor économique grâce à ses richesses naturelles. Les gens en région disent que Dieu a été très généreux envers eux : de l’or, diamants, métaux, charbon s’y trouvent en abondance. La faune, la flore et des paysages à couper le souffle complètent cet univers transcendantal.

On estime qu’environ 20 % de la production moniale de diamants provient de cette région. Les mines ont commencé à être exploitées sous Staline, dans une période noire dans l’histoire de la Russie. Le développement économique et social a eu son prix.

Pour faire face à l’afflux des ouvriers, les ingénieurs se sont heurtés de problèmes jamais connus auparavant : des températures extrêmes, sol instable à cause du dégel, isolement géographique. Pour éviter le risque de s’effondrer, les immeubles sont construits sur des pilons de béton, ancrés dans le pergélisol jusqu’à dix-quinze mètres de profondeur. Tous les conduits sont surterrains, justement pour être réparés en cas de bris, car l’hiver le sol est impossible à creuser.

Malgré son éloignement, Iakoutsk n’est pas séparée du reste du monde. Une route longue de 1 212 km relie la ville du Transsibérien – le fameux chemin de fer russe qui détient le record du plus long au monde. En hiver, le fleuve Léna sert de route, car il gèle complètement. La ville a même deux aéroports. Celui principal date de 1931 et fut modernisé en 1966 avec l’ajout d’un terminal international. Plusieurs vols lient la capitale du froid de plusieurs villes russes. Le coût du vol est assez abordable, tenant compte des distances extrêmes en Russie. Un aller simple Moscou-Iakoutsk, avec escale, coûtent environ 250 Euros (à peu près, 380 CAD).

La capitale de la république de Sakha n’est pas seulement le pôle du froid. Elle est la ville des conditions extrêmes, car, en été, les températures avoisinent 40 °C.

Les psychologues pensent que les conditions de vie extrêmes poussent les gens à avoir des comportements hors du commun. Or, à Iakoutsk, il paraît que cette théorie est insensée. Les gens sont calmes, souriants, amiables. Ils n’hésitent pas une seule seconde à vous offrir leur aide, vous inviter chez eux et vous servir un repas copieux. Malgré l’absence de l’agriculture, les habitants sont très gourmands, la viande de renne sèche et le poisson étant la base de leur alimentation. Les plats locaux sont savoureux et variés, le résultat d’un mixte des plusieurs traditions culinaires.

Iakoutsk se trouve présentement dans le centre des gros projets d’infrastructure mondiale, notamment le tunnel sous le détroit de Béring. Long d’environ 100 km (deux fois plus que celui sous la Manche) il doit relier l’Alaska de la Sibérie. La finalisation du mégaprojet est prévue pour 2045.

Si vous êtes à la recherche d’aventures et si le froid extrême ne vous cause pas de panique, prenez en note qu’une maîtrise minimale du russe et de la culture locale sont cependant nécessaires. Katia pourrait vous aider avec un cours adapté, peu importe votre âge et votre niveau.

Crédits photos: Instagram, Mikhail Cheremkin

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