Après la crise

Le monde après la crise

La crise actuelle montre les limites de notre société, soi-disant moderne. Comment le monde va se transformer suite à cette prise de conscience ? Quelques réponses ici.

Après #ÇaVabienAller, un nouveau slogan a fait irruption sur les réseaux sociaux : #OnNoublieraPas. Peu importe le pays, on n’oubliera pas les erreurs de nos politiciens, car certains parmi nous ont payé, malheureusement, avec leur vie.

À force de n’avoir en vue que l’argent et le vote populaire nos politiciens ont oublié, malheureusement, la population. Mais, ensemble, on pourrait faire de cette crise une leçon qu’on ne l’oubliera jamais. L’humanité doit prendre sa revanche pour avoir un meilleur monde après.

La crise sous différents aspects

I. Une crise humanitaire et sanitaire

Trop de temps a été perdu entre l’irruption de la pandémie et les mesures prises.

Notre gouvernement tout comme les autres n’a pas su prendre les décisions rapidement. On se retrouve donc à l’heure actuelle dans une crise sanitaire paradoxale : les meilleurs systèmes de santé au monde ont le plus de décès causés par le virus. Nos politiciens ont ignoré jusqu’au dernier moment la menace qui pesait sur l’humanité en nous promettant que « tout va bien aller » et qu’il suffit de bien laver les mains pour passer au travers.

Début mars, on nous annonçait qu’au Canada le risque était faible ; les frontières largement ouvertes, aucun contrôle, la vie est belle, on se permet même d’envoyer notre réserve nationale de matériel médical en Chine.

Les chiffres ne cessent d’augmenter, avec un bilan qui dépasse les prévisions les plus pessimistes, plus de 73.000 cas au Canada à ce jour. Paradoxalement, plus on avance, plus la confiance de la population envers nos politiciens augmentent. Le virus touche-t-il aussi le sens critique ?

II. La crise économique

Nous vivons actuellement la plus grande crise économique d’après la deuxième guerre. En moins d’un mois, le taux directeur de la Banque du Canada a baissé de 1.5%. C’est énorme. Cela profite aux hypothèques à taux variable ou à ceux qui vont contracter une hypothèque à taux fermé bientôt, mais après ça ?

La plupart des magasins ferment, des PME, des travailleurs autonomes sont à l’agonie. Les chiffres d’affaire ont drastiquement baissé, des employés sont mis à la porte. Le monde va mal. L’argent ne rentre plus nulle part. Le Québec meurt à petit feu. Alors que le taux de pauvreté était de seulement 9.8% en février, il pourrait doubler. Beaucoup de gens sont déjà limités pour combler leurs besoins essentiels, le nombre des demandes d’aide aux banques alimentaires ont explosées. Dans quelques mois, la pauvreté montrera son visage sombre.

Le côté négatif de la crise

I. Pour les entreprises et travailleurs

La fermeture de multiples entreprises fait en sorte que beaucoup procèdent à des mises à pied afin de faire des économies. Alors que le taux de chômage était en février de 4.5%, il avait doublé après un mois – la plus grosse augmentation mensuelle dans l’histoire du Québec. Énormément de personnes sont à la recherche d’un emploi actuellement, intéressées même par les emplois minables, qu’ils avaient complètement ignorés autrefois. On ne vit plus, on survit.

L’être humain est vulnérable. S’il ne peut pas travailler, générer du profit, être utile, on le met à l’écart, comme avec les infirmières touchées par la COVID-19. La robotisation avait déjà débuté il y a longtemps. Cette crise va la renforcer encore plus. Déjà, certains pays utilisent des robots pour remplacer les soignantes. Aux É.U., les hôpitaux se débarrassent présentement d’infirmières, car, dans ce pays auquel on rêve tous, l’argent passe avant la vie humaine.

II. Les effets secondaires

Dès le mois de novembre 2019, les gouvernements savait qu’il y avait un risque de pandémie et qu’il se passait des choses hors de contrôle en Chine. Certains médias ont bel et bien averti même des années avant des risques d’une éclosion à l’échelle mondiale.

Si les gouvernements cachent de l’information vitale, sans prendre aucune mesure, comment la population peut-elle en avoir confiance ? Le peuple ordinaire subit les fautes des nos dirigeants qui ne pensent qu’à leur bien-être. L’injustice et la corruption sont les maîtres mots.

On doit s’attendre à des mouvements anarchistes, nationalistes, revendicatives.

La crise actuelle est en train de redéfinir notre manière de penser, travailler et vivre.

L’art et la culture vont également en prendre un coup : des formations sur les sciences sociales vont fermer, considérées inutiles. Le Japon l’a compris et l’a déjà fait quelques années avant. La société a besoin de gens pour travailler et générer du profit.

Les musées, les bibliothèques, les événements qui regroupent en général beaucoup de personnes ne vont plus être autant fréquentés. L’art et la culture vont régresser, la déshumanisation n’est qu’à son début.

Les bibliothèques vont devenir des musées

Les gens vont garder longtemps les mêmes habitudes qu’ils ont acquis durant la pandémie. Les transports en commun seront moins utilisés, de même que nos autos personnelles. Cela ne fera que de monter les tensions entre les pays producteurs de pétrole et le reste du monde.

Certains spécialistes ont même lancé que le virus ne disparaîtra jamais. Au moins, de notre conscience

III.  Le positif au sein de la communauté

Après tout, cette crise n’aura pas seulement des impacts négatifs. Qu’on le veuille ou non, il y a du bon dans tout ce qui se passe actuellement.

1. La population

Les gens font face à une prise de conscience au niveau politique, économique, individuel.

La planète se porte mieux depuis que nous sommes confinés. La nature reprend lentement ses droits. Voir des animaux sauvages en plein centre des villes est devenu un phénomène tout à fait normal.

Côté politique, le peuple peut voir maintenant la faiblesse et les limites de nos politiciens. Fini les Supermen en politique. Il faut, peut-être, se rappeler collectivement le bon vieux dicton antique :

« Vox populi, vox Dei » (« La voix du peuple est la voix de Dieu »).

Les citoyens ne sont pas les marionnettes de nos politiciens. Dans une vraie démocratie, c’est aux citoyens de prendre les décisions les plus importantes. Ce n’est pas aux minorités d’imposer leurs règles.

Nous vivons présentement dans une pseudo-démocratie. Oui, nous somme libres ! Nous avons la liberté de choisir nos propres dictateurs !

Outre la prise de conscience, les gens vont devenir, peut-être plus humains. Déjà on voit de plus en plus d’entraide. Les jeunes aident les plus âgés, les voisins ont arrêté les querelles inutiles, les commerçants sont devenus beaucoup plus serviables. Il y a même moins d’actes criminels, les avocats craignent de fermer leurs boutiques à cause de ça.

Le gaspillage est en déclin !  Les gens ont arrêté d’acheter n’importe quoi, n’importe quand, parce que la société de consommation les rendent aveugles. Avec les commerces non essentiels fermés, la surconsommation décroît rapidement. Ça c’est une bonne chose, au moins pour l’environnement.

Petit à petit, nous sommes en train de redéfinir nos relations humaines

Lors des crises économiques, il y a généralement moins de divorces et moins de séparations car, se séparer peut affecter sérieusement le budget familial. Non seulement que c’est coûteux, mais beaucoup des bureaux d’avocats spécialisés en droit familial menacent de fermer leurs portes. Pas certain qu’il y aura une grande perte pour l’humanité.

Malgré un certain lobby, les couples vont se rendre compte de l’importance d’avoir une épaule pour se reposer, une personne pour se confier et un aide inconditionnellement au besoin. N’est-ce pas ça, finalement, la notion du couple ? La notion de famille sera, peut-être, à redéfinir après la crise.

2. La santé

Pendant cette pandémie, on se rend compte des emplois essentiels. Beaucoup de métiers risquent de disparaître malheureusement, mais il faudra se réinventer en prenant en considération la santé. Cette crise permet de découvrir les nombreuses possibilités du travail à distance. Les compagnies s’aperçoivent que leurs employés sont plus heureux et plus productifs en travaillant de chez soi. C’est presque certain que le télétravail va exploser, alors qu’il est déjà en plein essor avant. Le nouveau mode de vie mettra en avant la notion de conciliation travail-famille. Les embouteillages diminueront, les gens mécontents sur la route aussi, le monde sera plus serein…

La santé au travail est importante, c’est un fait. Mais dans la sphère personnelle également. Pensons à nos proches, rapprochons-nous d’eux dès la fin du confinement et même maintenant en prenant des nouvelles. Le fait de rester chez nous, nous apprend également un mode de vie plus santé : cuisiner des repas, prendre des marches régulièrement, discuter avec les autres (avec 2 mètres de distance, bien-sûr), … tout ça participe à notre bien-être physique et mental. Quoi de plus important, nous avons eu le temps de partager du bonheur avec nos enfants !

Après la pandémie, les dépenses gouvernementales seront obligées d’être tournées vers la santé : les services de la santé étant, avant même la crise, surchargés et en manque de fonds, nous voyons maintenant que ce secteur est non seulement important, mais aussi primordial et vital. Les travailleurs de la santé vont être récompensés, enfin, à leur juste valeur et, la pyramide sociale sera, peut-être, renversée en fonction de l’utilité et de la contribution de chacun à la société !

3. Le gouvernement et la politique

Le gouvernement va se rendre compte que l’argent public doit être mis là où il y a des besoins et non dans des défilés de rue. La société capitaliste et ses besoins doivent être réévalués. La population doit prendre action pour qu’enfin, les politiciens se débarrassent de leur arrogance et de leur air de « je-sais-tout », ne serait-ce que pour quelques années.

Les riches vont vite se rendre compte qu’ils sont avant tout des êtres humains : vulnérables face à la maladie. Contrairement à la guerre ou aux problèmes sociaux, ils ne peuvent pas contourner la menace de mort causée par les virus.

4. L’argent

Après la crise, on espère une diminution du culte de la richesse. Étaler la fortune en public, sans se susciter un peu pour les autres, ne sera plus permise.

À l’heure actuelle, 10% des habitants de la planète possèdent 83% de la richesse mondiale. Il y a 6 ans, c’était 1% qui possédaient 50% des richesses mondiales. Nous avançons donc petit à petit dans la bonne direction. Ces changements ont été drastiques à la suite de la crise financière de 2008.

Qu’en sera-t-il pour cette crise de 2020 ? Peut-on espérer une redistribution de la richesse ?

5. Travail et écoles

L’avenir au travail et à l’école sera tout autre.

Chaque crise amène son lot de nouveaux travailleurs indépendants comme celle des années ‘80 au Québec. Dû à un taux de chômage élevé, les gens seront contraints de partir à leur compte. Bien que la concurrence soit plus difficile qu’avant la pandémie, le gouvernement voudra sûrement aider les personnes à aller de l’avant.

Les formations devront être réévaluées également. Le Québec devra suivre le mouvement et stopper l’investissement dans des formations qui ne servent à personne. L’avenir est en jeu. On a besoin de gens prêts pour le marché du travail dès qu’ils finissent une école, pas de savants dans tous les domaines. Les écoles devront proposer des formations spécialisées en limitant les cours inutiles au minimum. Donner des heures à tous les professeurs, juste pour le fun, ne devrait plus être toléré.

Pour finir…

La société actuelle connaît une stabilité politique, sociale et économique depuis 75 ans, une première dans l’Histoire de l’humanité.

La pandémie actuelle remet beaucoup de choses en question : le confort matériel acquis depuis 30 ans, l’égoïsme, l’insouciance face au futur… Pensons d’abord à nos enfants, au fait qu’ils vont être privés, peut-être de leurs pensions de vieillesse, pensons à la société et au fait que nous sommes vulnérables face aux catastrophes naturelles, à la maladie et à la guerre. Personne n’est pas à l’abri.

Cette crise autant sanitaire qu’économique est un test de survie. Saurons-nous innover pour le futur ? Apprendra-t-on cette leçon qui nous montre qu’il faut se battre pour survivre, tout comme nos ancêtres l’ont fait sans cesse ? Apprendra-t-on enfin qu’on est des adultes responsables, qu’on n’a pas besoin des politiciens pour nous dire quoi faire à chaque instant, comment nous laver les mains, vivre, respirer et manger ? Apprendra-t-on nos forces et nos faiblesses ?

Cette pandémie est une leçon à apprendre. Du moins, jusqu’à la prochaine crise.

Merci à la La Feuille Numérique pour la contribution

Protected with IP Blacklist CloudIP Blacklist Cloud
By creating an account you are accepting our Terms and Conditions